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Enquête démographique en Nouvelle Aquitaine

Enquête démographique en Nouvelle Aquitaine

 Enquête démographique en Nouvelle-Aquitaine

L’URPS MK NA a souhaité entreprendre une grande étude démographique dynamique sur tout le territoire de la Nouvelle Aquitaine. Les régions Occitanie, Ile de France et Bretagne ont déjà mis en place une étude similaire sur leurs territoires.

Cette étude a été menée en 2025 par Joy Raynaud, Géographe qui a déjà été sollicitée par d’autres URPS, a permis d’avoir des chiffres et des données fiables nous permettant de faire des projections sur l’avenir d’anticiper certains problèmes d’accès aux soins sur les territoires de la Nouvelle Aquitaine.

Cette étude a porté sur 3 axes :

1- l’étude des bassins de vie et les spécificités des territoires

2- l’étude des indicateurs avec une enquête sur le terrain pour définir l’adéquation entre l’offre et la demande de soins, les densités de population…

3- l’étude de différentes thématiques :

  • l’accès direct (kinés favorables ou non, population favorable ou non, réticence des MG ou non..). kinés trop nombreux par rapport à qui, a quoi?
  • l’étude de l’offre de soin dans les quartiers prioritaires de certaines villes comme Bordeaux, La Rochelle et Pau.
  • La problématique des kinésithérapeutes espagnols, portiguais et roumains qui viennent travailler sur le territoire.
  • La tension démographique constante sur certains territoires de bord de mer avec un vieillissement de la population (plus de 65 ans).
  • La disparité de découpage de certains bassins de vie en fonction des régions qui entraine une hétérogénéité de l’accès aux soins. Comparaison zonage/APL.(Découpage défini par arrêté ministériel).
  • l’étude comparative du nombre de kinésithérapeutes et du nombre de médecins généralistes avec une courbe de l’évolution démographique sur les dernières années.
  • la causalité de l’attractivité de certains territoires. effet zonage ou non et autres causes.
  • La notion de vieillissement des kinésithérapeutes sur certains territoires et le risque de pénurie d’offre de soin. Le désintérêt de certains kinés pour la profession pour aller vers des soins plus rémunérateurs, des soins HN ou un changement d’orientation professionnelle.

Objectifs de la mission

✓ OBJECTIF 1

  • Identifier les déséquilibres territoriaux actuels et les facteurs de tension structurelle
  • Analyse de la densité, de l’APL, de la répartition par âge, et des dynamiques récentes d’installation.

✓ OBJECTIF 2

  • Comprendre les conditions d’exercice et les dynamiques professionnelles des kinésithérapeutes
  • À partir des données d’enquête : charge de travail, organisation, délais d’accès, épuisement, et intentions d’évolution de l’activité.

✓ OBJECTIF 3

  • Mettre en relation l’évolution des besoins en soins avec la répartition et l’adaptation de l’offre
  • En croisant dynamiques démographiques, flux de patients et caractéristiques territoriales de l’exercice.

Synthèse de l’étude

1. Une offre globalement en croissance, mais très inégalement répartie

  • La densité régionale de kinés (14,2/10 000 hab.) est supérieure à la moyenne nationale, mais la façade littorale concentre l’essentiel de l’offre, laissant des espaces centraux et nord-est sous-dotés.
  • L’évolution récente est globalement positive (+2,7 MK/10 000 hab. en 5 ans), mais très hétérogène : certains territoires stagnent ou régressent.
  • Certains bassins cumulent APL faible et part élevée de professionnels de plus de 60 ans, signalant des risques de rupture d’offre à court terme.
  • Les projections à 2029 montrent que, même en cas de hausse continue des effectifs, les déséquilibres actuels seraient reproduits.

2- Une pression forte sur les conditions d’exercice et l’organisation des soins

  • Les kinés interrogés travaillent 45 h par semaine (médiane), avec un temps administratif significatif (3 h), particulièrement élevé en zone sous-dotée (jusqu’à 5 h) et à domicile.
  • 29 % seulement peuvent intégrer de nouveaux patients, avec des tensions plus marquées en zones fragiles et en exercice isolé.
  • Les structures de soins coordonnées restent minoritaires (40 % y exercent), mais plus présentes en zones rurales et sans projet de départ.
  • 75 % des répondants déclarent un épuisement professionnel, sans lien systématique avec l’âge mais plus fréquent en rural non périurbain et en cabinet individuel.

3. Des signaux de désengagement progressif, révélateurs d’un modèle à réinterroger

  • 1 kiné sur 5 envisage un départ de son territoire ou un arrêt du conventionnement, avec des taux plus élevés hors structures coordonnées (25 % vs 13 %).
  • 51 % des répondants souhaitent réduire leur activité conventionnelle au profit d’une autre, particulièrement les moins de 40 ans et dans les zones urbaines et non prioritaires.
  • En parallèle, le vieillissement de la population s’accélère (+800 000 personnes de 65 ans et plus d’ici 2070), sans ajustement encore suffisant de l’offre de soins dans les zones en perte d’attractivité.

Perspectives pour la profession

Un système sous tension face à une vague démographique inédite

  • Le zonage conventionnel repose sur un choix stratégique assumé de redistribution ciblée de l’offre, mais il ne reflète pas toujours les tensions réelles vécues localement, notamment dans certains territoires non classés comme prioritaires (APL et flux inter-BVCV).
  • L’accumulation de signaux faibles (épuisement, charge administrative, difficulté à intégrer de nouveaux patients) questionne l’attractivité du cadre conventionnel.
  • En parallèle, la région fait face à un vieillissement démographique massif : d’ici 2070, près d’1 habitant sur 3 aura 65 ans ou plus, générant une vague inédite de besoins en soins.
  • L’enjeu des prochaines années sera de concilier une demande croissante en soins avec une offre professionnelle en reconfiguration, pour éviter un déséquilibre structurel durable

Dans ce contexte, trois leviers apparaissent majeurs :

  1. Renforcer les dynamiques collectives (exercice en groupes, structures coordonnées) dans les territoires les plus sous tension
  2. Réviser les critères de régulation territoriale, en intégrant les réalités d’activité, de délais et de pression démographique
  3. Accompagner les réorientations professionnelles, notamment chez les jeunes praticiens, pour préserver la soutenabilité à moyen terme du système.

 

Retrouver tous les résultats de l’enquête : URPS kinés NA – Enquête 2025 – 16.05.25 (1)

 

Cartographies de l’offre et des dynamiques territoriales en kinésithérapie libérale

 

Exploration des tensions de terrain et réalités d’exercice

 

 

 

 

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