Kinésithérapie et cancer du sein : un accompagnement essentiel à chaque étape du parcours de soin
Kinésithérapie et cancer du sein : un accompagnement essentiel à chaque étape du parcours de soin
Le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent (33 % des cas) chez la femme, devant le cancer colorectal (11 %) et le cancer du poumon (10 %), ainsi que le plus meurtrier. En 2023, 61 214 nouveaux cas ont été recensés en France métropolitaine. Les hommes sont également touchés, même si cette forme ne représente que 1 % des cas, avec un diagnostic souvent plus sombre.
Néanmoins, les perspectives d’évolution apportent un véritable espoir : la mortalité diminue progressivement d’année en année (-1,5 % par an en moyenne entre 2019 et 2023) et l’incidence tend à se stabiliser (+0,2 % par an). Détecté à un stade précoce, ce qui est heureusement le cas pour 60 % des patients, il s’agit d’un cancer de bon pronostic, affichant un taux de survie net à 5 ans stable de 88 %.
Prévention, dépistage et facteurs de risque
Le dépistage précoce reste le levier principal pour améliorer le pronostic.
L’âge constitue le facteur de risque majeur : 80 % des cancers se développent après 50 ans, avec un âge médian au diagnostic de 64 ans. À cela s’ajoutent les antécédents médicaux personnels et familiaux, les prédispositions génétiques, le surpoids, le manque d’activité physique, la consommation d’alcool et de tabac, ainsi que des facteurs environnementaux.
Le dépistage repose sur un suivi adapté aux patientes à risque, la consultation d’un médecin en cas de modification au niveau des seins, et des mammographies systématiques tous les deux ans entre 50 et 74 ans (suivies d’un dépistage individualisé au-delà).
Le rôle clé du kinésithérapeute dans la prise en charge sénologique
Dans le parcours de soin, la kinésithérapie joue un rôle prépondérant : plus l’intervention est précoce, plus la qualité de vie de la patiente ou du patient est préservée ou améliorée. Les masseurs kinésithérapeutes formés en sénologie et en lymphologie adaptent leurs soins à chaque patiente afin d’offrir un accompagnement global, technique et humain, adapté.
1- Préparer et accompagner la chirurgie (pré et post-opératoire)
Dès la phase pré-opératoire, le kinésithérapeute informe la patiente, répond à ses interrogations et la prépare aux mouvements post-opératoires. Dès l’accord du chirurgien, des séances douces sont mises en place pour prévenir l’apparition de raideurs au niveau de l’épaule et surveiller la survenue éventuelle de complications telles que des troubles lymphatiques (lymphocèle, oedème du sein, cordes lymphatiques) ou des problèmes cicatriciels .
2- Soulager la douleur et restaurer la mobilité
Pendant et après les traitements (chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie), la prise en charge antalgique et fonctionnelle s’articule autour de plusieurs axes complémentaires :
- Gestions des douleurs et des tensions : massages, mobilisations de tout le complexe de l’épaule, étirements ciblés (pectoraux, muscles cervicaux..) et travail de la respiration diaphragmatique.
- Travail tissulaire et des cicatrices : travail tissulaire spécifique pour assouplir la fibrose, libérer les adhérences et améliorer le confort local.
- Récupération de la mobilité : lutte contre les limitations articulaires, correction de l’attitude de protection du sein (APS) et accompagnement face à la kinésiophobie.
3- Prévenir et traiter les troubles lymphatiques
Pour traiter l’apparition des cordes lymphatiques, des lymphocèles ou des oedèmes du sein ou du bras, le praticien combine une surveillance clinique rigoureuse et des techniques décongestionnantes adaptées : drainage lymphatique manuel, pose de mousses mobilisatrices, bandages et dispositifs de compression ou contention, afin de permettre une circulation lymphatique plus fluide et d’apporter un soulagement pour le confort des patientes.
4- Soutenir la condition physique et réduire les récidives
L’activité physique adaptée (APA) fait partie intégrante de la thérapie. Des exercices personnalisés permettent de combattre la fatigue induite par les traitements, de lutter contre la sarcopénie et de réduire les douleurs articulaires . De plus la pratique régulière d’activités physiques adaptées (comme le yoga, la marche, l’aviron, le pilates…) permet de diminuer le risque de récidive de près de 28%.
Un soutien global et personnalisé
Au-delà des bénéfices physiques et fonctionnels, le suivi en kinésithérapie constitue un véritable pilier psychologique. Grâce à une écoute active et un accompagnement bienveillant, le thérapeute aide la patiente à apprivoiser les modifications de son corps, à restaurer une image corporelle positive et à se réapproprier sa santé tout au long de son parcours de soins.
Article rédigé par Christelle BOUCAYS, Masseur-Kinésithérapeute, membre du RKS (Rédaction basée sur les données d’épidémiologie de l’INCa, mis à jour le 22/07/2026).